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Sommaire du Crex n° 3, 1998

 

Statut des Limicoles Aves charadrii en Maine-et-Loire. Synthèse des observations de 1972 à 1995
et des données de baguage.
1re partie : de l'Huîtrier pie au Combattant varié.

(2de partie : des bécassines aux phalaropes)

par Alain FOSSÉ

 

Résumé : De 1972 à 1995, les ornithologues angevins ont pu observer 40 espèces de Limicoles dans le département de Maine-et-Loire.
Le cumul des quelque 36 500 données ainsi recueillies a permis de visualiser la phénologie des 33 espèces les plus courantes sous forme de graphique.
Un rappel historique et des données de baguage complètent cette présentation du statut des Limicoles angevins.


Introduction

Les Limicoles regroupent des espèces d'oiseaux à la fois très attirantes, car omniprésentes, relativement faciles à observer sur les plans d'eau, les cours d'eau, les prairies inondables…, et déroutantes pour le débutant qui peut éprouver quelques difficultés d'identification (bécasseaux, certains chevaliers…).
Après la première synthèse de LE MAO (1980) - qui concernait la période 1961 à 1978 -, il nous a paru intéressant de refaire le point grâce à un recul plus important dans le recueil des données (l'abondance des observations de ces espèces très visibles - 1 587 données par an en moyenne, soit environ 10 à 15 % des données ornithologiques annuelles - facilite l'interprétation). On peut déjà dire que LE MAO - avec beaucoup moins de données (environ 6 000, soit seulement 333,33 données par an en moyenne) - avait bien cerné la phénologie et que notre travail ne fait qu'affiner les données recueillies à l'époque.
Notre étude était destinée à réaliser pour chaque espèce un graphique résumant sa présence sur une année civile sous forme d'aires proportionnelles (tel qu'il est présenté ci-après pour chacune des 33 espèces les plus courantes) afin de répondre à la question suivante : l'observation du Limicole que je viens d'observer s'inscrit-elle dans le cadre de la phénologie classique de l'espèce en Maine-et-Loire ? Et en corollaire, à quelle période ai-je le plus de chances de rencontrer l'espèce ?
Cette étude se voulait donc essentiellement une étude phénologique mais il nous a vite semblé qu'un résumé des cas de nidification pourrait être utile, puis qu'un aperçu du statut des espèces au siècle dernier apporterait un éclairage historique intéressant, puis enfin que les 121 données de baguage qui nous sont connues (concernant 16 espèces, tableau 1) trouveraient aussi leur place dans cette synthèse.

n

%

1

Vanneau huppé

57

47,11%

2

Bécassine des marais

20

16,53%

3

Barge à queue noire

9

7,44%

4

Bécasse des bois

7

5,79%

5

Pluvier doré

6

4,96%

6

Combattant varié

4

3,31%

7

Petit Gravelot

3

2,48%

8

Œdicnème criard

2

1,65%

9

Chevalier gambette

2

1,65%

10

Chevalier arlequin

2

1,65%

11

Chevalier aboyeur

2

1,65%

12

Chevalier culblanc

2

1,65%

13

Chevalier guignette

2

1,65%

14

Grand Gravelot

1

0,83%

15

Bécasseau variable

1

0,83%

16

Courlis cendré

1

0,83%

 Total

121

100,00%



Matériel et méthodes

Ce travail est basé sur l'exploitation du fichier des observations réalisées par les ornithologues angevins et collectées depuis 1976 par le Groupe angevin d'études ornithologiques puis par la LPO Anjou. Ce fichier étant exploitable à partir de 1972, ont été retenues les données comprises entre le 1er septembre 1972 et le 31 août 1995, soit 23 années. Quelques données antérieures, recueillies par les ornithologues fondateurs depuis 1960 environ, ont été incluses lorsqu'elles avaient une signification particulière (dates extrêmes, troupes importantes) ; de même, sont citées les observations remarquables réalisées entre le 31 août 1995 et la date de publication.

Données
On entend par donnée la réunion de quatre éléments : 1 espèce (au moins 1 individu), 1 obser-vateur, 1 lieu et 1 date. Les données nulles (0 Chevalier gambette le 31 juillet au lac de Maine par exemple) n'ont bien sûr pas été comptabilisées. Il est évident que le recueil des observations n'est pas exhaustif et que bien souvent seules les observations remarquables nous sont transmises : par exemple, première observation du Petit Gravelot (les suivantes n'étant pas communiquées), troupe importante de telle ou telle espèce… Il est bien entendu que ces données ne sont qu'un échantillon des mouvements d'oiseaux : on ne sait ce qui se passe dans la nature en dehors de la présence des observateurs ; cet échantillon est-il représentatif de la réalité ? On ne le saura jamais…
Certains pics correspondent à des comptages précis (décomptes estivaux de Chevaliers guignettes sur la Loire ou de rassemblements postnuptiaux d'Œdicnèmes dans les Mauges par exemple) et donnent une idée plus précise de ce que peuvent être les chiffres maximaux.
Pour chaque donnée, ce sont les nombres minimaux qui ont été enregistrés : 2 si l'observateur notait 2-3 individus, 100 pour 100-150… En cas d'imprécision (« + », « ++ », « +++ », « quelques », « plusieurs »…), un nombre minimal arbitraire était attribué en fonction de l'espèce : 2 pour « + », 5 chez la Bécassine des marais ou 100 chez le Vanneau pour « ++ »…
Un nid est comptabilisé 2 individus et les poussins ne sont pas retenus. La répartition par âge ou sexe n'est pas étudiée car trop rarement mentionnée.
Pour les neuf espèces les plus rares (Glaréole à collier, Pluvier guignard, Bécasseaux tacheté et rousset, Limnodrome à long bec, Chevalier stagnatile et les 3 phalaropes) - pour lesquelles il n'y a pas de graphiques - c'est le nombre d'individus exact (ou la fourchette la plus précise possible) qui est indiqué dans le tableau 4.

Espèce
Ont été relevées toutes les espèces de Limicoles au sens large (Aves charadrii) comprenant les familles suivantes : Haematopodidés, Récurvirostridés, Burhinidés, Glaréolidés, Charadriidés, Scolopacidés. Elles ont été traitées classiquement selon l'ordre de VOOUS (1973). Le Vanneau sociable Chettusia gregaria n'a pas été pris en compte car seulement observé sur le plan d'eau de Rillé (Indre-et-Loire) en limite orientale du département lors des hivers 1989-1990 et 1992 (DUBOIS & CHN 1990, 1991, 1993).

Observateur
Toutes les données ont été prises en compte, même si la même observation était rapportée par plusieurs observateurs, qu'ils aient été ensemble ou non : le fichier n'étant pas informatisé, il était quasi impossible d'éliminer les doublons. L'impact du cumul sur l'interprétation reste sans doute faible et a été signalé lorsqu'il a pu être détecté (chez les espèces les moins fréquentes et/ou abondantes comme l'Huîtrier pie par exemple).

Lieu
Les divers plans d'eau et cours d'eau du département fournissent bien sûr la majorité des observations, essentiellement la Loire, le lac de Maine/Angers, le lac du Verdon/La Tessoualle, les étangs de Chevigné/Saint-Georges-sur-Loire, de la région de Pouancé, de Beaurepaire/Cléré-sur-Layon.
Les Basses Vallées Angevines, la vallée de la Tau, les prairies de l'Authion sont des sites privilégiés pour certaines espèces : Barge à queue noire, Vanneau huppé, Pluvier doré, Combattant varié…
Certaines données concernant la Loire sont regroupées par tronçon de Loire (« Loire amont », « de La Daguenière à Gennes »…) et peuvent biaiser la taille moyenne des groupes observés.
Les données de certains sites limitrophes, hors département, comme le lac de Rillé (Indre-et-Loire) ou l'étang du Pin (Loire-Atlantique) ont été incluses lorsqu'elles nous étaient rapportées par des ornithologues angevins (mais nous ne sommes pas allé chercher chez nos amis tourangeaux ou nantais toutes les données concernant ces sites).

Date
Les données ont donc été cumulées jour par jour : chaque quantième de l'année regroupe pour chaque espèce les données effectuées ce même quantième lors des 23 années étudiées. Seul le Vanneau huppé a fourni des observations pour chacun des 365 jours de l'année (pour l'anecdote, il aura fallu 14 années d'observation pour avoir au moins une donnée de Vanneau pour chacun des jours).

Pour des raisons de clarté de représentation graphique nous avons suivi BERTHOLD (1973) et regroupé les données par pentades - l'année civile en comportant ainsi exactement 73. Ce regroupement donne en théorie la possibilité de réaliser 5 graphiques différents selon que les pentades débutent le 1er, le 2, le 3, le 4 ou le 5 janvier : par commodité et de façon arbitraire, nous avons fait débuter la première pentade le 1er janvier sans avoir d'autre argument que ladite commodité (le décalage observé selon la date de départ ne semble pas trop modifier l'interprétation globale de la phénologie).
Les rares données effectuées un 29 février n'ont pas été relevées.
Le cumul sur 23 années efface en partie l'effet « week-end » ; seul peut persister l'effet des fériés fixes (au nombre de huit : 1er janvier, 1er et 8 mai, 14 juillet, 15 août, 1er et 11 novembre, 25 décembre). La fig. 1 cumule selon le même principe que les espèces les dimanches - dont le nombre oscille entre 14 et 17 par pentade - et les fériés fixes entre la mi-septembre 1972 et la mi-septembre 1995 ; l'importance des fériés fixes a été artificiellement majorée de manière à mettre en exergue les pentades qui les contiennent.
Ces graphiques peuvent être lus de deux manières :
• de façon rétrospective, c'est alors le reflet de la phénologie durant les 23 années écoulées ;
• mais aussi de façon prospective, ce type de graphique représente alors la variation de la probabilité de rencontrer l'espèce durant une pentade donnée.
Lorsque l'espèce n'est observable qu'une partie de l'année (estivant comme le Petit Gravelot, migrateur comme le Grand Gravelot, hivernant comme le Pluvier doré), les dates moyennes de première et/ou dernière observation pré- et/ou postnuptiale ont été calculées sur toutes les années pour lesquelles des dates étaient connues (c'est-à-dire depuis 1961 pour la période prénuptiale, depuis 1968 pour la période postnuptiale). Il a été préféré les termes de première/dernière observation aux termes d'arrivée/départ car l'arrivée ou le départ à proprement parler peuvent passer inaperçus… En pratique, on s'aperçoit que ces dates moyennes ne semblent signifier quelque chose que pour certaines espèces à phénologie bien marquée (périodes de présence bien tranchées) et pour lesquelles les données sont suffisamment abondantes et régulières ; elles ne sont donc présentées que pour les espèces suivantes : Œdicnème criard (arrivée prénuptiale et départ postnuptial), Petit Gravelot (arrivée prénuptiale et départ postnuptial), Pluvier doré (arrivée postnuptiale et départ prénuptial), Bécasseau minute (arrivée et départ postnuptiaux), Combattant varié (arrivées et départs pré- et postnuptiaux), Bécassine des marais (arrivée postnuptiale et départ prénuptial), Bécasse des bois (arrivée postnuptiale), Barge à queue noire (arrivées et départs pré- et postnuptiaux), Chevalier arlequin (arrivée prénuptiale et départ postnuptial), Chevalier gambette (arrivée prénuptiale et départ postnuptial), Chevalier aboyeur (arrivée prénuptiale et départ postnuptial), Chevalier culblanc (arrivée postnuptiale et départ prénuptial), Chevalier sylvain (arrivée et départ postnuptiaux).
On rappellera qu'en théorie les dates sont difficilement comparables d'une année sur l'autre étant donnée que l'année civile est plus courte que l'année tropique1 qui règle la succession des saisons et donc a priori la phénologie des migrateurs. Les années bissextiles sont là pour rattraper, au moins partiellement, le décalage : seules ces années ont des dates à peu près comparables par rapport aux saisons. L'année tropique dure approximativement un quart de jour de plus que l'année civile : le décalage théorique est donc au maximum de trois quarts de jour (puisque la quatrième année un jour supplémentaire rattrape le décalage), ce qui est insuffisant pour apporter une quelconque correction - proposée par certains pour affiner la comparaison des dates « records » - à des observations dont la précision n'est souvent que de l'ordre du jour.

Résultats
Globalement, la phénologie des Limicoles ainsi dégagée en Maine-et-Loire se calque assez parfaitement sur celle établie par GIRARD (1992) à l'échelon national.
La diversité des espèces en Maine-et-Loire varie de 12 à 30 espèces différentes susceptibles d'être observées selon les pentades (fig. 2) : la diversité minimale se retrouve en hiver (Avocette, Pluvier doré, Vanneau, Bécasseau variable, Combattant, Bécassines sourde et des marais, Bécasse, Courlis cendré, Chevaliers gambette, culblanc et guignette), tandis que la diversité maximale apparaît vers la fin d'avril et le début de mai d'une part et en septembre d'autre part (ou quasiment toutes les espèces peuvent être vues, si ce n'est une pentade, du moins la suivante).

Le cumul de toutes les espèces met également en évidence les mouvements pré- et postnuptiaux : de la mi-mars au début de juillet - avec un maximum vers la fin d'avril et le début de mai -, et du début de juillet à la fin d'octobre - avec un maximum vers la mi-septembre (fig. 3).

Les espèces ont aussi été classées selon le nombre de données (tabl. 2), le nombre de jours de présence dans l'année (tabl. 3), le nombre d'individus (tabl. 4) et la taille moyenne des groupes (tabl. 5).

Le tableau 6, en fin d'article, synthétise la phénologie des 40 espèces.

Présentation des monographies
Pour chacune des 40 espèces observées en Maine-et-Loire, le plan suivant a donc été adopté :
• nombre des données recueillies pour l'espèce du 1er septembre 1972 au 31 août 1995 (pourcentage du total des données de Limicoles) ;
• nombre de jours de l'année où l'espèce a été observée (pourcentage par rapport aux 365 jours de l'année) ;
• taille moyenne des groupes observés (troupe la plus importante rapportée entre 1960 et 1995).
• Historique
• Statut actuel en Maine-et-Loire avec statut résumé,
migration prénuptiale (dates moyennes de première et dernière observations avec extrêmes, lorsque c'était envisageable),
nidification-estivage,
migration postnuptiale (dates moyennes de première et dernière observations avec extrêmes, lorsque c'était envisageable),
hivernage.
• Baguage
Les éventuelles données de baguage sont incluses dans la période correspondante (migration prénuptiale, hivernage…) en Maine-et-Loire : par exemple, un oiseau étranger repris en hivernage dans le département sera évoqué dans la rubrique « hivernage », la reprise à l'étranger d'un oiseau bagué poussin en Maine-et-Loire sera évoquée dans la rubrique « nidification ». Dans la mesure du possible ces données sont visualisées sur une carte spécifique.


Liste des 40 espèces observées en Maine-et-Loire

Huîtrier pie Haematopus ostralegus p. 36
Échasse blanche
Himantopus himantopus p. 38
Avocette élégante
Recurvirostra avosetta p. 38
Œdicnème criard
Burhinus oedicnemus p. 40
Glaréole à collier
Glareola pratincola p. 41
Petit Gravelot
Charadrius dubius p. 41
Grand Gravelot
Ch. hiaticula p. 43
Gravelot à collier interrompu
Ch. alexandrinus p. 45
Pluvier guignard
Ch. morinellus p. 46
Pluvier doré
Pluvialis apricaria p. 46
Pluvier argenté
Pl. squatarola p. 48
Vanneau huppé
Vanellus vanellus p. 49
Bécasseau maubèche
Calidris canutus p. 51
Bécasseau sanderling
C. alba p. 51
Bécasseau minute
C. minuta p. 53
Bécasseau de Temminck
C. temminckii p. 53
Bécasseau tacheté
C. melanotos p. 55
Bécasseau cocorli
C. ferruginea p. 56
Bécasseau variable
C. alpina p. 56
Bécasseau rousset
Tryngites subruficollis p. 58
Combattant varié
Philomachus pugnax p. 58
Bécassine sourde Lymnocryptes minimus Crex n°  4
Bécassine des marais Gallinago gallinago ibid.
Limnodrome à long bec L. scolopaceus ibid.
Bécasse des bois Scolopax rusticola ibid.
Barge à queue noire Limosa limosa ibid.
Barge rousse L. lapponica ibid.
Courlis corlieu Numenius phaeopus ibid.
Courlis cendré N. arquata ibid.
Chevalier arlequin Tringa erythropus ibid.
Chevalier gambette Tr. totanus ibid.
Chevalier stagnatile Tr. stagnatilis ibid.
Chevalier aboyeur Tr. nebularia ibid.
Chevalier culblanc Tr. ochropus ibid.
Chevalier sylvain Tr. glareola ibid.
Chevalier guignette Actitis hypoleucos ibid.
Tournepierre à collier Arenaria interpres ibid.
Phalarope de Wilson Phalaropus tricolor ibid.
Phalarope à bec étroit Ph. lobatus ibid.
Phalarope à bec large Ph. fulicarius ibid.


Huîtrier pie Haematopus ostralegus (fig. 4)

68 données (0,19 % des données, 29e rang des 40 espèces) ;
45 jours dans l'année (12,3 % de l'année, 31e rang de présence) ;
1,68 individu par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 5 le 6 décembre 1989).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage accidentel, habite ordinairement les rivages de la mer ; et il est très-rare de rencontrer quelques-uns de ces oiseaux au bord des rivières, où on ne les voit qu'isolément. » Il le classe parmi les oiseaux de passage accidentel en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
L'Huîtrier pie peut être observé pratiquement chaque année sur la Loire : en 27 ans (de 1969 à 1995), il a été observé 22 années (11 passages prénuptiaux contre 17 postnuptiaux, 6 années aux deux passages).
Les observations sont réparties sur toute l'année, mais essentiellement réalisées de la mi-août à la mi-mai.

� Migration prénuptiale
L'étalement des observations ne permet pas de dégager avec certitude une période de migration prénuptiale à proprement parler. Tout au plus peut-on remarquer une discrète concentration des observations à la fin d'avril et au début de mai, soit un peu plus tard que ce qui est signalé - mars-avril - par GIRARD (1992). Le pic de la première pentade de mai est lié aux samedi 4 mai 1974 et dimanche 4 mai 1980 qui fournissent 13 individus en 4 données.

� Estivage
La donnée du 8 juin 1989 est difficile à rattacher à un quelconque passage ; peut-être s'agit-il sim-plement d'un oiseau déplacé de la côte.

� Migration postnuptiale
Elle se déroule essentiellement de la fin d'août au début de novembre, les premiers oiseaux (des immatures, GIRARD 1992) pouvant apparaître dès la mi-juillet. Le pic du début d'octobre est majoré par la transmission de mêmes données par plusieurs observateurs.

� Hivernage
Les données de décembre et janvier (février ?) concernent des oiseaux déplacés du littoral.


Échasse blanche Himantopus himantopus (fig. 5)

45 données (0,12 % des données, 32e rang des 40 espèces) ;
35 jours dans l'année (9,6 % de l'année, 32e rang de présence) ;
2,76 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 13 les 6 et 7 mai 1965).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage accidentel, et très-rare en Anjou, ne paraît que de loin en loin, soit au printemps, soit en été ou à l'automne. Elle se tient dans l'épaisseur des marais, où elle niche quelque fois ; ce qui est arrivé en 18232, dans ceux de Distré, près Saumur. » Il lui attribue le nom scientifique de Himantopus melanopterus et le nom synonyme d'Échasse à cou blanc Himantopus albicollis. Il la classe parmi les oiseaux de passage accidentel en Anjou (MILLET 1828, 1864). En 1864, il dit : « Les marais de la Baumette recèlent […] des oiseaux […] de rivage. Parmi ces derniers, l'on en cite de rares, qui y nichent ou ont niché. De ce nombre sont […] l'Échasse […]. »
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
L'Échasse est de passage irrégulier, presque uniquement au printemps. En 31 ans (de 1965 à 1995), elle n'a été observée que 16 années (13 passages prénuptiaux - soit 81,25 % des années - contre 5 postnuptiaux, 2 années aux deux passages).

� Migration prénuptiale
Au printemps, le passage se situe en avril-mai.

� Estivage
Aucune donnée entre le 16 juin et le 15 juillet.

� Migration postnuptiale
Les observations postnuptiales sont excep-tionnelles : 5 données de la mi-juillet à la mi-août qui correspondent au passage décrit par GIRARD (1992) et 3 données les 5 et 6 octobre, celles-là assez tardives par rapport à la synthèse de GIRARD. Les 2 données de mi-juin (sans doute 2 données concernant le même couple, vu à quelques kilomètres à 24 heures d'intervalle) sont difficiles à rattacher à l'un ou l'autre des passages.

� Hivernage
Aucune donnée entre le 6 octobre et le 2 avril.


Avocette élégante Recurvirostra avosetta (fig. 6)

332 données (0,91 % des données, 18e rang des 40 espèces) ;
174 jours dans l'année (47,7 % de l'année, 15e rang de présence) ;
10,74 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : ca 275 le 3 novembre 1979).

2 données de baguage (avec un intervalle de temps compris entre 4 ans, 3 mois, 10 jours et 4 ans, 3 mois, 11 jours et une distance comprise entre 1 116 et 1 186 km).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage périodique, paraît aux mois de mars et d'avril, plus rarement à l'automne, mais toujours en petit nombre, et ne séjournant que peu de temps à chaque époque. […] Rare. » Il la classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
L'Avocette est observable presque toute l'année ; le passage postnuptial est plus étoffé - 65,9 % des données entre le 27 juillet et le 6 janvier (44,9 % de l'année). En 28 ans (de 1968 à 1995), elle a été observée chaque année (25 passages prénuptiaux contre 27 postnuptiaux, 24 années aux deux passages).

� Migration prénuptiale
Au printemps, le passage commence à la mi-mars pour se terminer à la fin de juin, avec 3 pics : fin mars-début avril (pic principal), début mai et début juin.

� Estivage
Aucune donnée entre le 9 et le 27 juillet.

� Migration postnuptiale
À l'automne, deux vagues se succèdent : de la fin de juillet à la mi-octobre (pic au début de septembre) et du début d'octobre au début de janvier (pic principal à la mi-novembre).

Baguage
Deux données postnuptiales concernent des oiseaux bagués poussins au Danemark, un peu plus de 4 ans et 3 mois auparavant.

� Hivernage
Quelques données hivernales s'échelonnent en décembre-janvier et font la jonction entre le dernier passage automnal et le début du passage prénuptial. Ces oiseaux proviennent de la côte où l'espèce hiverne régulièrement dans l'estuaire de la Loire, en baie de la Vilaine et en baie de Bourgneuf (LERAY in RECORBET 1992).


Œdicnème criard Burhinus oedicnemus (fig. 7)

1 431 données (3,92 % des données, 11e rang des 40 espèces) ;
271 jours dans l'année (74,2 % de l'année, 9e rang de présence) ;
9,23 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 150 le 9 octobre 1988).
2 données de baguage.

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Après les couvées terminées, et l'éducation des petits achevée, ce qui a lieu très-tard, les Œdicnèmes se réunissent en bandes, quelque fois très nombreuses. C'est de cette manière qu'ils effectuent leur départ, au mois de novembre, pour revenir à la fin de l'hiver ; cependant tous ne quittent pas le pays, et on en rencontre toute l'année. Ils habitent les plaines de Montreuil-Bellay et de Douces, où ils sont très-répandus. On les rencontre encore dans d'autres lieux de l'arrondissement de Saumur, particulièrement dans les landes de Verrie, des Ulmes, etc., où ils nichent tous les ans ; ainsi que dans les terres légères comprises entre la Mayenne, la Sarthe et le Loir […] ; également à Durtal et dans quelques communes de l'arrondissement de Baugé. » Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, nichant en Anjou. En 1864, il précise qu'il « habite toute l'année les terres de cailloux et de sables de Durtal et des communes environnantes. »
Il lui attribuait le nom scientifique d'Œdicnemus crepitans et divers noms français synonymes : Grand Pluvier, ou vulgairement Courlis de terre, Courlié, Courilloux et Prussien.
MAILLET (1890) qualifiait l'Œdicnème d'espèce de passage périodique.
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique nichant en Anjou, arrivant en février et repartant en novembre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
L'Œdicnème peut être observé de la fin de février à la mi-novembre. C'est un nicheur régulier, commun dans les Mauges et le Saumurois, hivernant sans doute régulier en petit nombre dans les Mauges.

� Migration prénuptiale
Les premiers migrateurs arrivent au début de mars. Trois pics d'ampleur croissante se succèdent : mi-mars, mi-avril et début mai. L'ampleur de ce dernier pic est peut-être artificiellement augmentée du fait des jours fériés des 1er et 8 mai. À l'arrivée, des rassemblements peuvent être observés : 13 le 15 mars 1989, 6 le 8 mars 1996, 40 le 14 mars 1996 (GABORY à paraître)…
Date moyenne de première observation prénuptiale sur 27 années de 1970 à 1996 : 11 mars, avec un écart-type de 24 jours, extrêmes : 8 janvier 1993 et 17 avril 1975.

� Nidification-estivage
L'espèce se reproduit essentiellement dans le Saumurois, les Mauges, le sud du Segréen, et dans une moindre mesure dans les vallées du bassin de la Maine. Contrairement à ce que disent HUMEAU (1994) et GABORY (1997), la limite de sa répartition au nord ne correspond pas à la limite de la culture de la vigne, de multiples observations ont été rapportées depuis dans le nord du Segréen. L'importance de la population des Mauges est de découverte relativement récente - 1980 -, et précisément évaluée grâce à l'étude réalisée par Dominique DROUET, Olivier GABORY, Dominique HERSAN et Christophe JOLIVET (1988) : la carte de répartition publiée par LE MAO (1982) ne montrait que deux stations dans cette région…
Nous disposons des estimations de densité suivantes :
• 177 individus recensés sur 269 km2 des Mauges, soit 0,66 ind./km2 ; l'extrapolation à 226 individus permet d'envisager une densité de 0,42 c./100 ha (DROUET et al. 1988) ;
• 25 couples recensés par Christophe JOLIVET sur 950 ha de la champagne de Méron en avril-mai 1993, soit 2,63 c./100 ha (BEAUDOIN et al. 1997) ;
• 30 chanteurs recensés par Christophe JOLIVET sur ca 7 500 ha de la région de Saint-Florent-le-Vieil - Chalonnes-sur-Loire en 1995, soit 0,4 c./100 ha (BEAUDOIN et al. 1998) ;
• 5 chanteurs recensés par MUSSEAU (1997) sur 471 ha de Saint-Sigismond en 1995, soit 1,06 c./100 ha.
MALVAUD (1995), sur les indications de DROUET et al., nous dit que l'espèce «… est encore très abondante […] dans le département de Maine-et-Loire qui, avec plus de 1 000 couples, possède un effectif voisin de celui de toute la population méditerranéenne (Languedoc-Roussillon, Provence). » On pourra de plus y ajouter la population découverte depuis dans le nord du Segréen…3

Baguage
Une donnée semble orienter vers la fidélité au site de reproduction :
• femelle baguée, sur son nid, le 30 avril 1993 à La Chapelle-Saint-Florent et capturée vivante dans une fosse à lisier puis relâchée, le 10 juin 1994 à environ 2,5 km lors de la saison suivante (1 an, 1 mois et 11 jours plus tard).

� Migration postnuptiale
Les rassemblements postnuptiaux se déroulent en septembre et octobre (pic à la fin de septembre et au début d'octobre) ; le nombre d'individus de cette époque est artificiellement gonflé par des rassemblements (� 130) prolongés (de la mi-septembre à la fin d'octobre 1993 et 1994) à Valanjou. Les deux pics du début et de la fin de juillet sont plus difficiles à interpréter : début de dispersion postnuptiale des jeunes et des adultes ?
Date moyenne de dernière observation postnuptiale sur 23 années de 1968 à 1995 : 20 octobre, avec un écart-type de 16 jours, extrêmes : 12 septembre 1977 et 15 novembre 1991.

� Hivernage
Huit années fournissent des données d'hivernage :
1978-1979 : 2 le 11 janvier et � 1 dans la deuxième décade de février ;
1986-1987 : une vingtaine d'œdicnèmes - non inclus dans le graphique - ont été observés par un agriculteur de La Pommeraye à la mi-janvier lors de la vague de froid (DROUET et al. 1988) ;
1987-1988 : 2 durant tout l'hiver dans une pépinière entre Le Fief-Sauvin et Montrevault (avec reproduction prouvée dans cette pépinière) ;
1991-1992 : 1 le 15 décembre près de La Chapelle-Saint-Florent et 1 le 17 février près de Chaudron-en-Mauges ;
1992-1993 : 1 les 18 décembre et 8 janvier, et 3 le 13 janvier dans une pépinière de Doué-la-Fontaine ; 1 les 27 janvier et 4 février à La Chapelle-Saint-Florent, 1 le 7 février à Saint-Pierre-Montlimart ;
1993-1994 : 1 le 5 décembre à Saint-Pierre-Montlimart, 1 le 6 décembre à La Chapelle-Saint-Florent ;
1994-1995 : 8 individus sur 4 sites (4 données) ;
1995-1996 : 11 individus dans le même secteur de Saint-Pierre-Montlimart/La Chapelle-Saint-Florent (11 données sur 9 sites).
Quelques individus peuvent donc rester l'hiver - comme le notait déjà MILLET (1828) au siècle dernier - dans les Mauges et le Saumurois, peut-être plus régulièrement qu'on ne le croit (GABORY 1998), en cas de météorologie clémente ou même apparaître lors de coups de froids.


Glaréole à collier Glareola pratincola

5 données (0,01 % des données, 36e rang des 40 espèces) concernant 2 individus ;
5 jours dans l'année (1,4 % de l'année, 36e rang de présence) ;
1 individu par donnée.

Historique
MAISONNEUVE (1903) cite simplement l'espèce parmi «… quelques espèces dont la présence exceptionnelle est intéressante… ».

Statut actuel en Maine-et-Loire
La Glaréole à collier est accidentelle aux deux passages en Maine-et-Loire.

� Migration prénuptiale
Une seule année a donné lieu à observations pré-nuptiales :
1995 : 1 oiseau observé du 21 au 23 mai sur le marais de Montreuil-Juigné.

� Migration postnuptiale
Deux années fournissent des observations postnuptiales :
1983 : 1 Glaréole sp. sur la Loire à Chênehutte concerne sans doute cette espèce le 2 août ;
1988 : 1 sur la Loire près de Trélazé le 11 septembre ;
Ces dates correspondent à la dispersion des oiseaux de Camargue qui quittent les sites de nidification en août et dont le départ serait accéléré par l'ouverture de la chasse (WALMSLEY 1994).


Petit Gravelot Charadrius dubius (fig. 8, carte 1)

2 701 données (7,4 % des données, 5e rang des 40 espèces) ;
260 jours dans l'année (71,2 % de l'année, 10e rang de présence) ;
7,74 individus par donnée en moyenne.
3 données de baguage (avec un intervalle de temps compris entre 3 mois, 29 jours et 11 ans, et une distance comprise entre 0 et 702 km).

Historique

MILLET (1828) nous dit : « Ces oiseaux ont également les mêmes mœurs et les mêmes habitudes, vivant et nichant comme eux [les Grands Gravelots], sur les grèves de la Loire ; mais les œufs, au nombre de trois à cinq, sont blanchâtres, avec de gros points noirs et des taches d'un cendré brun peu marquées. Ils sont de passage périodique, arrivent vers le mois de mars, et repartent vers la mi-octobre, par troupes isolées ou réunies avec l'espèce précédente ou la suivante [Le Gravelot à collier interrompu]. » Il lui attribue le nom de Petit Pluvier à collier Charadrius minor ou vulgairement de Crouillet. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, nichant en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAILLET (1890) qualifie le Petit Gravelot d'espèce de passage périodique.
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique nichant en Anjou, arrivant en mars et repartant en octobre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Petit Gravelot est un estivant nicheur répandu sur la Loire angevine et plus épisodiquement dans des gravières et autres terrains caillouteux.

� Migration prénuptiale
Les premiers oiseaux arrivent dans la dernière décade de mars et le passage prénuptial culmine à la fin d'avril.
Date moyenne de première observation prénuptiale sur 34 années de 1961 à 1995 : 25 mars avec un écart-type de 12 jours, extrêmes : 3 mars 1992 et 19 avril 1969.

� Nidification-estivage
En 1984, la population nicheuse sur la Loire angevine a été estimée à 200-220 c. - soit 15 % de l'effectif de l'axe Loire-Allier, situant ainsi le département de Maine-et-Loire au 3e rang des départements français après la Nièvre (300 c.) et l'Allier (270 c.) (BEAUDOIN et FOSSÉ 1988). En 1995, l'effectif a été estimé à 130-160 c., soit une baisse de 20 à 40 % (BEAUDOIN 1996).

Baguage
L'espèce semble fidèle à son lieu de naissance comme en témoigne la donnée d'un individu bagué, juvénile, le 30 août 1971 à Angers et contrôlé, trouvé mort, le 28 avril 1972 à Angers (7 mois et 29 jours plus tard).

� Migration postnuptiale
Le passage postnuptial culmine à la mi-septembre et les derniers disparaissent à la mi-octobre ; quelques attardés ont pu être observés jusqu'à la fin de décembre.
Date moyenne de dernière observation postnuptiale sur 26 années de 1968 à 1994 : 24 octobre avec un écart-type de 20 jours, extrêmes : 29 septembre 1993 et 23 décembre 1985.

Baguage
Les oiseaux en migration postnuptiale semblent traverser les Pyrénées pour rejoindre le rivage méditerranéen en Espagne (carte 1) : un individu bagué, poussin, le 24 juin 1972 à Montjean-sur-Loire et contrôlé, le 23 octobre 1972 à Tarrasa, près de Barcelone, Espagne, 41° 36'N, 2° 01'E, (à environ 682 km, 3 mois et 29 jours plus tard), ayant parcouru la distance à la vitesse moyenne d'au moins 5,81 km/j ; un individu bagué, poussin, le 30 juin 1972 au Thoureil et contrôlé, tué, fin 1983 à Lannemezan, Hautes-Pyrénées (à environ 473 km, 11 ans plus tard).

� Hivernage
Quelques observations ont été effectuées en novembre et décembre. Aucune observation entre le 23 décembre et le 3 mars.


Grand Gravelot Charadrius hiaticula (fig. 9, carte 3)

969 données (2,66 % des données, 14e rang des 40 espèces) ;
218 jours dans l'année (59,7 % de l'année, 13e rang de présence) ;
5,55 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 150 le 18 mars 1974).
1 donnée de baguage.

Historique
Pour MILLET (1828) « Cette espèce, de passage périodique, arrive dès le mois de mars, par petites troupes, sur les bords des rivières, des étangs et des marais. Ces oiseaux s'apparient bientôt ; les uns gagnent un pays plus éloigné, tandis que les autres se répandent sur les bords de la Loire, où la femelle, sans faire de nid, pond sur le sable, dans une légère cavité, trois à cinq œufs olivâtres, marqués de petits traits noirs, réunis et confluens (sic) sur le gros bout. Les couvées terminées, tous les individus d'un même canton se réunissent en troupes de vingt à trente individus, plus ou moins, soit sur les grèves de la Loire, soit sur le bord des prairies […]. Vers la mi-octobre, quelque fois plus tôt, tous ces oiseaux disparaissent. » Il lui attribue le nom de (Grand) Pluvier à collier Charadrius hiaticula ou vulgairement de Crouillet. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, nichant en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAYAUD (1958) corrige MILLET (1828) en disant de lui : « Il a cru que nichaient Charadrius hiaticula, […] : erreurs très fréquentes des auteurs du XIXe siècle, provenant de mauvaises interprétations d'observations ou de confusions. »
Il n'en reste pas moins étonnant que MILLET (1828) ait décrit le nid, les œufs sans les avoir observés, alors qu'il dit, prudemment, d'autres espèces soupçonnées de nicher, ne pouvoir assurer qu'elles nichent en Anjou (Gravelot à collier interrompu, Bécassine sourde, Bécasseau minute) ou n'avoir pas vu les œufs (Bécassine des marais, Chevalier culblanc)… Il est vrai qu'au moment du pic de passage de mai, les Petits Gravelots ont des œufs… mais il semble pourtant bien différencier les œufs des deux espèces…
MAILLET (1890) qualifie le Grand Gravelot d'espèce de passage périodique.
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique nichant en Anjou, arrivant en mars et repartant en octobre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Grand Gravelot peut être observé en Maine-et-Loire chaque année, depuis le début de mars au début de novembre. L'observation du 4 février (fig. 9) concernait sans doute un oiseau déplacé du littoral par un coup de vent - 800 à 1 500 gravelots hivernant en Loire-Atlantique (RECORBET in RECORBET 1992), le passage postnuptial étant un peu plus important (61,4 % des données entre le 21 juillet et le 11 novembre, soit sur 31,2 % de l'année). Les deux passages sont biphasiques, le premier plus nettement que le second.

� Migration prénuptiale
Un premier pic prénuptial a lieu en mars (hivernants ibéro-marocains, GIRARD 1992) puis un second (hivernants tropicaux, GIRARD 1992), plus étalé, commence à la fin de mars, culmine à la mi-mai et se termine au début de juillet. La fin du passage prénuptial se fond alors dans le début du passage postnuptial.

Baguage
Une donnée concerne une femelle se rendant sans doute sur son site de nidification en Finlande :
• individu bagué, > 1re année, le 5 juin 1967 vers Oulujoki (Finlande, 65° 0'N, 25° 24'E) et contrôlé, le 15 mai 1971 vers Châteauneuf-sur-Sarthe (à environ 2 733 km, 3 ans, 11 mois et 10 jours plus tard).

� Estivage
Pas de données d'estivage à proprement parler, la fin du passage prénuptial se fondant dans le début du passage postnuptial.

� Migration postnuptiale
Pour ce qui concerne le passage postnuptial, un petit pic apparaît du début de juillet au début d'août (apogée fin juillet-début août) puis le passage principal culmine à la mi-septembre pour se terminer fin octobre.

� Hivernage
Aucune donnée hivernale entre le 6 décembre et le 24 février (hormis celle du 4 février 1990).


Gravelot à collier interrompu Charadrius alexandrinus (fig. 10)

75 données (0,21 % des données, 27e rang des 40 espèces) ;
55 jours dans l'année (15,1 % de l'année, 26e rang de présence) ;
1,33 individu par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 5 le 20 septembre 1984).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage périodique, arrive et repart comme les deux précédentes [les Grand et Petit Gravelots], dont elle a les mœurs et les habitudes, et avec lesquelles on la rencontre ordinairement. Mais nous ne pouvons assurer qu'elle niche comme elles sur les grèves de la Loire, où néanmoins elle est commune, surtout depuis la mi-août jusqu'aux premiers jours d'octobre. Elle est rare sur les autres rivières. » Il lui attribue le nom de Pluvier à collier interrompu Charadrius cantanius ou de Pluvier à poitrine blanche, ou vulgairement de Crouillet. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAYAUD (1958) corrige (?) MILLET (1828) en disant de lui : « Il a cru que nichaient Charadrius […] alexandrinus, […] : erreurs très fréquentes des auteurs du XIXe siècle, provenant de mauvaises interprétations d'observations ou de confusions. »
MAILLET (1890) qualifie le Gravelot à collier interrompu d'espèce de passage périodique.
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique nichant en Anjou, arrivant en mars et repartant en octobre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Gravelot à collier interrompu est un migrateur devenu irrégulier en Maine-et-Loire, sans doute en partie parce qu'il est mal détecté : alors qu'il était observé annuellement de 1970 à 1985, quasi toujours à l'automne et plus irrégulièrement au printemps, il n'a pas été observé de 1986 à 1989 puis est réapparu lors des printemps de 1990 à 1993. Cette diminution des observations est un fait nouveau par rapport à la synthèse de LE MAO (1980) qui considérait ce gravelot « comme régulier en petit nombre aux deux passages. » Il est vraisemblable que l'aménagement du lac de Maine, entraînant la disparition de ses grèves, a supprimé un site où l'espèce était facilement détectée (sur la Loire, il est beaucoup plus difficile de la repérer). En 26 ans (de 1970 à 1995), il a été observé 22 années (14 passages prénuptiaux contre 17 postnuptiaux, 9 années aux deux passages).

� Migration prénuptiale
Le passage prénuptial est un peu plus important avec 53,3 % des données qui sont réalisées du 29 mars au 24 mai (pic à la fin d'avril).

� Estivage
Les données d'été appartiennent à l'un des deux passages.

� Migration postnuptiale
En postnuptial, 2 pics apparaissent : fin juillet-début août et septembre mais les premiers oiseaux peuvent être rencontrés dès les derniers jours de juin.

� Hivernage
Aucune observation entre le 27 octobre et le 29 mars.


Pluvier guignard Charadrius/Eudromias morinellus

1 donnée (39e rang des 40 espèces) ;
1 jour dans l'année (38e rang de présence).

Historique
MILLET (1864) le classe parmi les oiseaux de passage accidentel en Anjou.
MAISONNEUVE (1903) cite simplement l'espèce sans lui donner de statut.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Pluvier guignard est accidentel au passage postnuptial en Maine-et-Loire.

� Migration prénuptiale
Aucune donnée4.

� Migration postnuptiale
Une seule année a fourni une observation postnuptiale5 :
1979 : 1 juvénile le 29 août à Doué-la-Fontaine.
Cette donnée s'inscrit dans les dates classiques de dispersion de l'espèce (ROUSSEAU 1995, ILIOU 1996).


Pluvier doré Pluvialis apricaria (fig. 11, carte 3)

1 660 données (4,55 % des données, 10e rang des 40 espèces) ;
212 jours dans l'année (58,1 % de l'année, 14e rang de présence) ;
185,99 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 10 000 le 1er janvier 1979).
6 données de baguage (avec un intervalle de temps compris entre 2 mois, 1 jour et 9 ans, 9 mois, 8 jours, et une distance comprise entre 744 et 826 km).

Historique
Pour MILLET (1828), « Cette espèce, qui est assez commune, est de passage périodique en Anjou ; elle arrive vers le mois de septembre, par troupes plus ou moins nombreuses, qui se réunissent très-souvent à celles des vanneaux. Depuis cette époque, jusqu'au mois d'avril où ces oiseaux gagnent les régions du nord pour nicher, ils partent, reviennent et disparaissent encore, selon que le froid est plus ou moins intense ; et souvent ils s'en retournent, avant que la mue du printemps soit tout-à-fait terminée. » Il les notait surtout sur les bords de Loire et les Basses Vallées Angevines. Il lui attribuait le nom scientifique de Charadrius pluvialis et citait comme nom vulgaire, le Pivier. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1828, 1864).
En 1885-1886, dans le département de Maine-et-Loire, l'espèce est considérée comme rare ou très rare : «… arrivée en septembre-octobre, départ en mars. Sédentaire sur quelques localités aux environs de Baugé. Nichent en juin, trois œufs, incubation 20 jours. Rares… » (TERNIER 1899b)
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique ne nichant pas en Anjou, arrivant en mars et repartant en avril.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Pluvier doré est un hivernant/migrateur commun annuel en Maine-et-Loire.

� Migration prénuptiale
Le passage prénuptial se déroule du début de février au début d'avril avec un pic au début de mars, puis quelques attardés peuvent être observés jusqu'à la mi-mai. Cette phénologie est identique à celle retrouvée en Normandie (LANG 1997) avec les deux mêmes pics à la fin de février et au début de mars, à ceci près que le pic global prénuptial est chez nous plus important que le pic hivernal (notre département héberge sans doute moins d'hivernants).
Date moyenne de dernière observation prénuptiale sur 30 années entre 1966 et 1995 : 7 avril avec un écart-type de 22 jours, extrêmes : 11 mars 1979 et 19 mai 1992.

� Estivage
Les données d'été sont rarissimes : 5 données de juillet - dont quatre le même quantième du mois (2 juillet 1968, 1988, 1991, 1995 et 8 juillet 1990) ! Ces données correspondent vraisemblablement à une dispersion précoce d'oiseaux britanniques dont la nidification a échoué - il s'agissait d'oiseaux en plumage nuptial (CRAMP & SIMMONS 1982 : 204).

� Migration postnuptiale
Le passage postnuptial est timide du début de septembre à la fin d'octobre.
Date moyenne de première observation postnuptiale sur 28 années entre 1968 et 1995 : 26 septembre avec un écart-type de 44 jours, extrêmes : 2 juillet 1968 et 8 décembre 1969.
Sans compter les dates de juillet, date moyenne de première observation postnuptiale sur 28 années entre 1968 et 1995 : 5 octobre avec un écart-type de 28 jours, extrêmes : 21 août 1995 et 8 décembre 1969.

Baguage
Les 6 données ne fournissent aucun renseignement sur l'origine des oiseaux, mais seulement sur leurs étapes migratoires (carte 2) : les Pays-Bas, dont proviennent les 6 données, sont un lieu privilégié d'étape entre les sites de nidification (sans doute scandinaves) et le Maine-et-Loire, lui-même site d'hivernage ou d'étape…

� Hivernage
Le nombre de données s'étoffe du début de novembre à la fin de janvier où il accuse une petite baisse qui précède la remontée. Les observations hivernales fluctuent bien sûr en fonction des conditions météorologiques dans le nord de l'Europe.


Pluvier argenté Pluvialis squatarola (fig. 12)

259 données (0,71 % des données, 20e rang des 40 espèces) ;
109 jours dans l'année (29,9 % de l'année, 20e rang de présence) ;
2,12 individus par donnée en moyenne (en excluant du calcul de la moyenne la troupe la plus importante de 1960 à 1995 : � 1 200 le 7 mai 1977).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage périodique, au printemps et à l'été, arrive en habits de noces sur les grèves de Loire, rarement sur les bords des autres rivières ou de quelques étangs sablonneux, vers la fin de mars ainsi que dans les premiers jours d'avril ; et repart bientôt pour ne revenir que vers la fin de juillet, époque où les couvées sont terminées. Elle séjourne alors jusqu'en octobre, époque d'une nouvelle migration. Pendant ce dernier espace de temps, on la rencontre ordinairement sur les bords de la Loire, mais en habits d'hiver, par petites troupes de huit à dix individus, quelquefois par couples seulement, mais rarement solitaire. » Il lui attribue les noms de Vanneau pluvier Vanellus melanogaster, ou Vanneau suisse, Vanneau pluvier, Vanneau gris, Vanneau varié, Tringa helvetica, Tringa squatarola, Vanellus helveticus. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique ne nichant pas en Anjou, arrivant en mars et repartant en avril puis revenant en juillet pour repartir en octobre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Pluvier argenté est un migrateur régulier aux deux passages en Maine-et-Loire. En 24 ans (de 1972 à 1995), il a été observé chaque année (23 passages prénuptiaux, 21 postnuptiaux, 20 années aux deux passages).

� Migration prénuptiale
Le passage prénuptial se déroule de la fin d'avril au début de juin (pic à la mi-mai). Il peut être annoncé par quelques observations dès le début de mars. Les données de grosses troupes (� 1 200 le 7 mai 1977 et 50 + 50 + 250 le 17 mai 1991) ont été exclues du graphique.

� Estivage
Les observations des 22 juin, 1er juillet concernent probablement des estivants de la côte de Loire-Atlantique où ils sont «… peu nombreux, mais réguliers… » (LERAY in RECORBET 1992).

� Migration postnuptiale
Le passage postnuptial se situe essentiellement du début de septembre à la mi-octobre (pic fin septembre-début octobre) et peut être annoncé par quelques observations dès le début d'août. Quelques oiseaux peuvent traîner jusqu'à la mi-décembre, sans doute des juvéniles (GIRARD 1992).

� Hivernage
Quelques observations peuvent être faites en hiver à la faveur de coups de vents déplaçant les oiseaux hivernant sur le littoral.


Vanneau huppé Vanellus vanellus (fig. 13, carte 2)

6 111 données (16,74 % des données, 1er rang des 40 espèces) ;
365 jours dans l'année (100 % de l'année, 1er rang de présence) ;
474,8 individus par donnée en moyenne.
57 données de baguage (avec un intervalle de temps compris entre 5 jours et 13 ans, 4 mois, 11 jours et une distance comprise entre 180 et 2 355 km).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, qui est très-commune, et dont le plus grand nombre est sédentaire en Anjou, vit par troupes nombreuses, souvent de cinq à six cents individus, qui ne se séparent qu'au printemps pour vaquer à la reproduction de leur espèce ; mais dès la fin de juin, époque où les nichées sont terminées, ces oiseaux s'assemblent de nouveau, les vieux et les jeunes ensemble ; […] au mois d'octobre, quelquefois plus tôt, ils s'éloignent de ces lieux pour gagner les prairies marécageuses qui bordent les rivières où ils se réunissent encore aux voyageurs, ainsi qu'aux pluviers dorés, qui nous arrivent dans ce temps. » Il lui attribue les noms scientifiques de Vanellus cristatus ou Tringa vanellus et les noms vulgaires de papechein, patégault et tî-huit. Il le classe parmi les oiseaux sédentaires en Anjou.
En 1885-1886, le département de Maine-et-Loire est considéré comme un département où l'espèce est rare : «… passe à l'automne et au printemps, sédentaire et nichant sur quelques localités : rare… » (TERNIER 1899a).
MAILLET (1890) qualifie le Vanneau huppé d'espèce sédentaire.
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces sédentaires.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Vanneau huppé est donc observable toute l'année (et chaque année bien sûr !) en Maine-et-Loire. Le gros des observations concernent des migrateurs et des hivernants. L'espèce niche en petit nombre chaque année.

� Migration prénuptiale
La migration prénuptiale, beaucoup plus marquée que la migration postnuptiale, s'amorce à la fin de janvier ou au début de février pour culminer au début de mars et s'achever au début d'avril, quelques troupes pouvant encore passer jusqu'au début de mai. Cette phénologie est identique à celle retrouvée en Normandie (LANG 1997).

� Nidification-estivage
L'espèce niche en petit nombre tous les ans, avec sans doute des effectifs en baisse : en 1984, un recensement départemental évaluait la population nicheuse à 200-270 c. (122-127 c. pour 43 stations recensées, BEAUDOIN et FOSSÉ 1988) alors que l'enquête de 1995 estimait la population à seulement 150-200 c. (95-108 c. pour 49 stations recensées, BEAUDOIN 1996), soit une réduction pouvant aller jusqu'à 45 %.

� Migration postnuptiale
La migration postnuptiale, beaucoup plus étalée que la migration prénuptiale, commence dès le début de juin, voire dès la fin de mai, atteint un premier plateau à la fin de juin, puis un deuxième décrochement apparaît à la mi-août amorçant un second plateau de septembre à novembre.

� Hivernage
Au début de décembre, les effectifs se regonflent pour atteindre un pic à la fin de la première décade de janvier (sans doute majoré par les vagues de froids), puis à la fin de janvier les effectifs retournent au niveau de ceux de l'automne, sans doute à la suite du départ des hivernants. Là aussi cette phénologie est identique à celle retrouvée en Normandie (LANG 1997).

Baguage
44 oiseaux retrouvés en hivernage ou migration en Maine-et-Loire ont été bagués sur les lieux de nidification (poussins ou adultes, carte 3) ; leurs origines sont résumées dans le tableau suivant :

Pays

n

%

Pays-Bas

14

31,82%

Belgique

8

18,18%

Danemark

7

15,91%

Allemagne

5

11,36%

Suède

4

9,09%

Finlande

1

2,27%

Estonie

1

2,27%

Lithuanie

1

2,27%

Pologne

1

2,27%

Grande-Bretagne

1

2,27%

France

1

2,27%

Total

44

100,00%


Sur ces 44 oiseaux, la distance moyenne est de 1 040,9 km (écart-type : 524,34 km) :

Distance (km)

n

%

< 500

2

4,55%

500-999

23

52,27%

1000-1499

12

27,27%

1500-1999

4

9,09%

2000-2499

3

6,82%

total

44

100,00%


Bécasseau maubèche Calidris canutus (fig. 14)

120 données (0,33 % des données, 24e rang des 40 espèces) ;
71 jours dans l'année (19,5 % de l'année, 23e rang de présence) ;
2,39 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 36 le 20 mai 1984).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage accidentel au printemps et à l'automne, se montre, quoique rarement, sur les bords de la Loire. » Il lui attribue le nom de Bécasseau canut Tringa cinerea ou Tringa maubèche, Maubèche grise, Maubèche tachetée, Canut. Il le classe parmi les oiseaux de passage accidentel en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau maubèche est un migrateur régulier aux deux passages en Maine-et-Loire. En 24 ans (de 1971 à 1994), il a été observé 23 années (20 passages prénuptiaux contre 21 postnuptiaux, 18 années aux deux passages). La phénologie est plus caractéristique des oiseaux sibériens (GIRARD 1992), sans que l'on puisse formellement exclure le passage d'oiseaux nord-canadiens et groenlandais au vu de la proximité des côtes.

� Migration prénuptiale
La migration prénuptiale est concentrée de la fin d'avril au début de juin avec un pic à la mi-mai.
La donnée du 17 février concernait un oiseau déplacé de la côte, l'espèce hivernant en baie de Bourgneuf, 150-700 individus, et à un moindre degré sur les traicts du Croisic (LE BAIL in RECORBET 1992).

� Estivage
La donnée du 22 juin concerne sans doute un oiseau du littoral où l'espèce estive régulièrement (LE BAIL in RECORBET 1992).

� Migration postnuptiale
La migration postnuptiale regroupe autant de données que la migration prénuptiale (51,7 % des données entre le 31 juillet et le 19 octobre, soit 22,2 % de l'année) mais est plus étalée (2 mois et demi contre 1 mois et demi) : elle commence au début d'août pour se terminer à la mi-octobre avec une première petite vague au début d'août puis un pic plus important à la fin de septembre.

� Hivernage
Aucune donnée entre le 19 octobre et le 3 avril, hormis celle du 17 février qui est le fait là-aussi d'un oiseau littoral.


Bécasseau sanderling Calidris alba (fig. 15)

77 données (0,21 % des données, 26e rang des 40 espèces) ;
55 jours dans l'année (15,1 % de l'année, 27e rang de présence) ;
1,90 individu par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 12 le 3 août 1980).

Historique
MILLET (1868) nous dit : « Vu une seule fois sur les bords de la Loire. » Il le classe parmi les oiseaux de passage accidentel en Anjou (MILLET 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau sanderling est un migrateur régulier aux deux passages en Maine-et-Loire. En 27 ans (de 1969 à 1995), il a été observé 25 années (16 passages prénuptiaux contre 21 postnuptiaux, 12 années aux deux passages). Sa phénologie est similaire à celle du Bécasseau maubèche.

� Migration prénuptiale
Le passage prénuptial se situe de la fin d'avril au début de juin.

� Estivage
Pas de donnée estivale avant le 3 août.

� Migration postnuptiale
Le passage postnuptial est un peu plus important que le passage prénuptial : 62,3 % des données entre le 3 août (date d'arrivée postnuptiale la plus précoce) et le 2 décembre (date postnuptiale la plus tardive), soit sur 33,4 % de l'année. Il se déroule essentiellement du début de septembre à mi-octobre.

� Hivernage
La donnée précoce du 22 février et celles de mi-mars concernent des oiseaux déplacés du littoral où ils hivernent en petit nombre (LE BAIL in RECORBET 1992).


Bécasseau minute Calidris minuta (fig. 16)

572 données (1,57 % des données, 15e rang des 40 espèces) ;
151 jours dans l'année (41,4 % de l'année, 17e rang de présence) ;
5,32 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : ca 50 le 3 septembre 19846).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « On le rencontre avec le précédent [le Bécasseau de Temminck], dont il a les mœurs et les habitudes. Comme lui il est de passage périodique, arrive et repart aux mêmes époques ; mais nous ignorons s'il niche en Anjou. Il est rare. » Il lui attribue les noms de Bécasseau petit ou échasses Tringa minuta ou Tringa minulle ou Bégasseau échasses. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1864) - avec un point d'interrogation (MILLET 1828).
Il est étonnant que MILLET trouve l'espèce plus rare que le Bécasseau de Temminck, alors qu'il semble parfaitement connaître les deux espèces (il décrit très bien leurs plumages respectifs, mais quelle est la part de l'observation personnelle et celle de la littérature de l'époque ?)…
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau minute est un migrateur régulier aux deux passages en Maine-et-Loire, quoique beaucoup plus abondant à l'automne : 89,7 % des données entre le 14 juillet et le 23 décembre, soit sur 44,7 % de l'année ; 71,6 % des données entre le 24 août et le 23 octobre, soit sur 16,7 % de l'année. En 26 ans (de 1970 à 1995), il a été observé chaque année (17 passages prénuptiaux contre 26 postnuptiaux, 17 années aux deux passages).

� Migration prénuptiale
Au printemps, les observations ont surtout lieu en mai, même si des oiseaux peuvent être observés dès le début de mars (date la plus précoce : 2 mars ; la donnée du 7 février concerne sans doute un oiseau déplacé du littoral) et jusqu'à la mi-juin.

� Estivage
Pas de données entre le 19 juin et le 14 juillet.

� Migration postnuptiale-hivernage
Le passage postnuptial, le plus marqué, est donc concentré de la fin d'août à la fin d'octobre avec un pic à la fin de septembre. Les premiers migrateurs peuvent apparaître dès la mi-juillet et quelques individus peuvent traîner jusqu'à la fin de décembre, en provenance du littoral où restent quelques hivernants : « Depuis 1972-1973, ce limicole hiverne régulièrement dans les marais salants de Guérande en petit nombre… » (LE BAIL in RECORBET 1992). Il est difficile d'expliquer le petit pic de fin novembre-début décembre.
Date moyenne de première observation postnuptiale sur 26 années de 1970 à 1995 : 19 août, avec un écart-type de 17 jours, extrêmes : 14 juillet 1973 et 13 septembre 1978.
Date moyenne de dernière observation postnuptiale sur 25 années de 1970 à 1994 : 30 octobre, avec un écart-type de 26 jours, extrêmes : 28 août 1971 et 23 décembre 1985.


Bécasseau de Temminck Calidris temminckii (fig. 17)

63 données (0,18 % des données, 31e rang des 40 espèces) ;
54 jours dans l'année (14,8 % de l'année, 29e rang de présence) ;
1,41 individu par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 4 le 18 mai 1971).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Il est de passage périodique, arrive vers le mois d'avril et repart vers les premiers jours d'octobre. On le rencontre sur les bords de la Loire ainsi que des étangs sablonneux, où on le voit courir sur les grèves du rivage : ce qui lui a valu, particulièrement à la Daguenière, le nom de Courilleau, qu'il partage néanmoins avec les petits pluviers.
« C'est aussi sur ces grèves, que, vers le mois de mai et celui de juillet, la femelle qui fait deux pontes par année, cherche ou pratique une légère cavité, où elle dépose, sans faire de nid, quatre à cinq œufs, de la taille de ceux du merle, pointillés de cendré, de roussâtre et de noirâtre, sur un fond d'un gris blanchâtre.
« Lorsqu'on approche de leurs œufs ou de leurs petits, ces oiseaux décrivent autour de vous de grands cercles assez élevés, qu'ils accompagnent toujours de leurs cris, qu'ils répètent aussi longtemps que dure le sujet de leurs craintes.
« Vers le mois d'août, époque où les couvées sont terminées, tous les individus d'un même canton se réunissent par troupes plus ou moins nombreuses, souvent de trente à quarante individus ; mais ils n'effectuent leur départ que vers les premiers jours d'octobre. Ils sont assez communs sur les bords de la Loire où il y a de grandes grèves. Nous les avons rencontrés aussi sur les bords de l'étang de Chevigné, commune de Savennières, où ils nichent quelquefois. »

Il lui attribue le nom de Bécasseau temmia Tringa temminckii ou Tringa temmia. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, nichant en Anjou (MILLET 1828, 1864). En 1864, il précise : « Au nombre des oiseaux de passage périodique, qui arrivent dans cette île [l'île Saint-Jean-de-la-Croix] pour y nicher, nous citerons […] : […] le Bécasseau temmia (Tringa Temminckii, Leisl.)… »
MAYAUD (1958) corrige MILLET (1828) en disant de lui : « Il a cru que nichaient […] Erolia temmincki, […] : erreurs très fréquentes des auteurs du XIXe siècle, provenant de mauvaises interprétations d'observations ou de confusions. »
Il n'en reste pas moins étonnant que MILLET (1828) ait décrit le nid, les œufs et le comportement reproducteur sans l'avoir constaté, alors qu'il dit, prudemment, d'autres espèces soupçonnées de nicher, ne pouvoir assurer qu'elles nichent en Anjou (Gravelot à collier interrompu, Bécassine sourde, Bécasseau minute) ou n'avoir pas vu les œufs (Bécassine des marais, Chevalier culblanc)… Il semble également étonnant qu'il le trouve plus abondant que le Bécasseau minute, alors qu'il semble parfaitement connaître les deux espèces (il décrit bien leurs plumages respectifs, mais quelle est la part de l'observation personnelle et celle de la littérature de l'époque ?)…
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique ne nichant pas en Anjou, arrivant en décembre et repartant en janvier.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau de Temminck est un migrateur irrégulier en Maine-et-Loire. Il n'est pas observé chaque année : en 25 ans (de 1971 à 1995), il n'a été observé que 17 années (9 passages prénuptiaux contre 13 postnuptiaux, 5 années aux deux passages). Il est vraisemblable qu'il soit « sous-détecté » par les observateurs.

� Migration prénuptiale
Le passage prénuptial, plus discret que le passage postnuptial, est concentré en mai.

� Estivage
Aucune donnée entre le 22 mai et le 6 août.

� Migration postnuptiale
Le passage postnuptial est plus important (78,1 % des données entre le 18 août et le 20 novembre, soit sur 26 % de l'année). Il se déroule essentiellement de la mi-août à la fin de septembre avec deux pics : fin août et mi-septembre. Les données de novembre correspondent au séjour remarquable de 2 oiseaux du 1er au 20 novembre 1974 (LE MAO 1980).

� Hivernage
Aucune donnée entre le 20 novembre et le 3 avril (hormis celles, hors période, des 21 mars 1961 et 24 mars 1971).


Bécasseau tacheté Calidris melanotos

23 données (0,06 % des données, 33e rang des 40 espèces) concernant 3 individus ;
14 jours dans l'année (3,8 % de l'année, 33e rang de présence).

Historique
Aucune mention au siècle dernier, ni au début de ce siècle.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau tacheté est accidentel au passage postnuptial en Maine-et-Loire.

� Migration prénuptiale
Aucune donnée.

� Migration postnuptiale
L'espèce a été observée 3 années :
1983 : 1 le 14 octobre sur la Loire à La Ménitré ;
1984 : 1 juvénile du 22 septembre au 3 octobre au lac de Maine/Angers ;
1995 : 1 juvénile le 29 juillet sur la Loire entre La Ménitré et Les Rosiers-sur-Loire.
À ces données, on peut ajouter deux observations réalisées en limite du département sur le plan d'eau de Rillé (Indre-et-Loire) : un juvénile le 30 septembre 1979 et un du 28 septembre au 14 octobre 1989. N'ont pas été prises en compte les deux données suivantes - non homologuées par le Comité d'homologation national : 1 le 3 septembre 1994 au Marillais et 1 juvénile le 9 octobre 1995 à Rillé (DUBOIS & CHN 1996).
En ce qui concerne l'année 1984, on peut rappeler qu'il s'agissait de l'année des Limicoles américains puisque deux autres espèces américaines ont pu être observées cet automne-là : le Limnodrome à long bec et le Phalarope de Wilson (cf. infra). Le mois de septembre 1984 avait en effet été marqué par un flux perturbé d'ouest à sud-ouest dominant avec fortes rafales d'ouest à nord-ouest les 21 et 22, c'est-à-dire la veille et le jour du début de l'observation du Bécasseau tacheté. Pas moins de quatorze oiseaux avaient été observés cet automne-là en France et les observations suivantes pourraient concerner le même individu : 1 à Spay, Sarthe, du 16 au 19 septembre, 1 à Rillé, Indre-et-Loire, le 19 septembre et enfin celui d'Angers du 22 septembre au 3 octobre (DUBOIS & CHN 1986)…
Ces dates, situées entre le 22 septembre et le 14 octobre, sont tout à fait classiques pour l'espèce (DUBOIS & YÉSOU 1992).


Bécasseau cocorli Calidris ferruginea (fig. 18)

248 données (0,68 % des données, 21e rang des 40 espèces) ;
93 jours dans l'année (25,5 % de l'année, 21e rang de présence) ;
2,53 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 15 le 14 août 1988).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage accidentel, que nous n'indiquons ici que d'après deux individus qu'on nous a dit avoir été tués en Anjou, y est sans doute très-rare, n'ayant pas été observée depuis. » Il lui attribue le nom scientifique de Tringa subarquata et le nom synonyme d'Alouette de mer. Il le classe parmi les oiseaux de passage accidentel en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage accidentel.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau cocorli est un migrateur observé chaque année en Maine-et-Loire, régulier aux deux passages depuis 1987. En 26 ans (de 1970 à 1995), il a été observé chaque année (15 passages prénuptiaux contre 25 postnuptiaux, 14 années aux deux passages).

� Migration prénuptiale
Le discret passage prénuptial s'effectue en mai.

� Estivage
Aucune donnée entre le 16 juin et le 14 juillet.

� Migration postnuptiale
Le passage postnuptial est le plus marqué (88,7 % des données entre le 14 juillet et le 14 octobre, soit sur 25,5 % de l'année). Étalé de la fin de juillet au début d'octobre, il est surtout net en septembre. Un petit pic à la fin de juillet pourrait correspondre aux adultes. Un double pic en septembre à 15 jours d'intervalle est peut-être lié à deux populations différentes : certains oiseaux qui empruntent d'habitude une voie de migration plus orientale sont parfois détournés par des régimes de vents d'est (CRAMP & SIMMONS 1982).

� Hivernage
Aucune donnée entre le 8 novembre et le 8 avril.


Bécasseau variable Calidris alpina (fig. 19, carte 3)

1 295 données (3,55 % des données, 12e rang des 40 espèces) ;
296 jours dans l'année (81,1 % de l'année, 6e rang de présence) ;
6,86 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : � 100 le 4.3.95 sur la Loire à Chalonnes).
1 donnée de baguage.

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, de passage périodique au printemps et à l'automne, voyage par troupes ordinairement nombreuses, qu'on voit courir sur les bords de la Loire, ainsi que des autres rivières de l'Anjou ; elle fréquente aussi le bord des étangs. Le passage du printemps commence au mois de mars, quelquefois plus tôt, et dure jusqu'à la fin d'avril ; celui d'automne a lieu pendant le mois de septembre et les premiers jours d'octobre. Très-commun. » Il lui attribue le nom scientifique de Tringa variabilis et les noms synonymes de (Bécasseau) Brunette, Cincle, Alouette de mer à collier, Tringa à collier. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces de passage périodique ne nichant pas en Anjou, d'une part, arrivant en février et repartant en avril et, d'autre part, arrivant en septembre et repartant en octobre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau variable est un migrateur régulier aux deux passages en Maine-et-Loire (observé chaque année aux deux passages de 1970 à 1995), mais peut être observé pratiquement toute l'année (81,1 % des jours de l'année). Cette phénologie complexe est à mettre en relation avec l'existence d'au moins trois populations (C. a. alpina, C. a. schinzii et C. a. arctica) aux habitudes migratoires distinctes (GIRARD 1992).

� Migration prénuptiale
Au printemps, deux pics semblent se dessiner : mi-mars et mi-mai.

� Estivage
Les données de juin correspondent soit à la fin du passage prénuptial, voire l'estivage, des immatures de la race alpina, soit au début du passage postnuptial des adultes de la race schinzii (GIRARD 1992).

� Migration postnuptiale
Le gros des observations a lieu lors du passage postnuptial : 50,4 % des données entre le 19 août et le 23 octobre (soit sur 18,1 % de l'année), avec un pic fin septembre-début octobre.

Baguage
L'unique donnée de baguage illustre les étapes migratoires :
• individu bagué, 1re année, le 15 septembre 1996 en Allemagne (54° 2'N, 11° 30'E) et contrôlé, mort depuis quelques jours, le 10 novembre 1996 à Montjean-sur-Loire (à environ 1 139 km, 1 mois et 26 jours plus tard), ayant parcouru la distance à la vitesse moyenne d'au moins 21,16 km/j.

� Hivernage
Des observations peuvent être réalisées durant tout l'hiver, l'espèce hivernant en nombre important sur la façade atlantique (en Loire-Atlantique, BORET, in RECORBET 1992, parle de 5 000 à 12 000 oiseaux sur les traicts du Croisic et l'estuaire de la Loire à la mi-janvier, soit 3,5 à 4,2 % des hivernants français lors d'années moyennes).


Bécasseau rousset Tryngites subruficollis

2 données (0,01 % des données, 38e rang des 40 espèces) concernant le même individu ;
1 jour dans l'année (0,3 % de l'année, 39e rang de présence).

Historique
Aucune mention au siècle dernier, ni au début de ce siècle.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Bécasseau rousset est accidentel aux deux passages en Maine-et-Loire.

� Migration prénuptiale
Pour mémoire, la première donnée printanière française (DUBOIS & YÉSOU 1992) provient de Maine-et-Loire :
1971 : 1 au lac de Maine/Angers les 15 et 16 mai.

� Migration postnuptiale
L'espèce a été observée 1 année :
1988 : 1 immature sur la Loire à La Bohalle le 18 septembre.
Il s'agit là d'une date tout à fait classique en France.


Combattant varié Philomachus pugnax (fig. 20)

1 819 données (4,98 % des données, 9e rang des 40 espèces) ;
290 jours dans l'année (79,5 % de l'année, 8e rang de présence) ;
17,5 individus par donnée en moyenne (troupe la plus importante de 1960 à 1995 : 2 940 le 9 mars 1985).
4 données de baguage (distances comprises entre 935 et 3 600 km, intervalles de temps entre moins de 3 mois et 3 ans, 9 mois, 12 jours).

Historique
MILLET (1828) nous dit : « Cette espèce, […] est de passage périodique sur les bords de la Loire, de la Mayenne, de la Sarthe, de l'Authion, etc. ; […] Le passage du printemps a lieu depuis les premiers jours de mars jusqu'à la mi-avril, par troupes plus ou moins nombreuses ; […] Ces oiseaux n'ont pas été remarqués au passage d'automne. » Il lui attribue les noms de Bécasseau combattant Tringa pugnax, ou Chevalier varié, Chevalier commun, Tringa combattant. Il le classe parmi les oiseaux de passage périodique, ne nichant point en Anjou (MILLET 1828, 1864).
MAISONNEUVE (1903) classe l'espèce parmi les espèces sédentaires et de passage périodique ne nichant pas en Anjou, arrivant en mars et repartant en octobre.

Statut actuel en Maine-et-Loire
Le Combattant est un migrateur régulier aux deux passages (observé chaque année aux deux passages de 1968 à 1995), avec quelques données hivernales ; il peut ainsi être observé pratiquement toute l'année (79,5 % des jours de l'année).

� Migration prénuptiale
Le passage prénuptial est le plus important : 56,2 % des données entre le 5 février et le 3 juin (soit sur 32,6 % de l'année) contre 39,4 % des données entre le 20 juin et le 2 novembre (soit sur 37,3 % de l'année). Deux vagues se succèdent avec un premier pic qui commence au début de février et culmine au début de mars (le plus important, correspondant aux oiseaux hivernant dans le sud-ouest de l'Europe et en Afrique du Nord) puis un second qui culmine fin avril-début mai pour s'éteindre à la fin de mai (les oiseaux d'Afrique tropicale, GIRARD 1992).
Le premier pic est un peu plus précoce que celui signalé par GIRARD (fin mars selon cet auteur).
Date moyenne de première observation prénuptiale sur 35 années de 1961 à 1995 : 27 février, avec un écart-type de 25 jours, extrêmes : 17 janvier 1994 et 12 juin 1986.
Date moyenne de dernière observation prénuptiale sur 35 années de 1961 à 1995 : 7 mai, avec un écart-type de 23 jours, extrêmes : 24 février 1975 et 12 juin 1986.

Baguage
Certains migrateurs prénuptiaux de Maine-et-Loire proviennent du Sénégal comme en témoignent les données de baguage suivantes :
• un mâle avec bague colorée, peint à l'acide picrique en février-mars 1985 dans le delta du Sénégal et contrôlé à vue le 29 avril de la même année à Saint-Laurent-du-Mottay (à environ 3 600 km, moins de 3 mois plus tard)
• un mâle avec bague colorée, peint à l'acide picrique en janvier-février 1987 au parc du Djoudj (Sénégal, 16� 10'N, 16� 18'W) et contrôlé à vue les 25 et 29 mars de la même année à Noyant/Soulaire-et-Bourg (à environ 3 600 km, moins de 3 mois plus tard).
Une donnée de reprise prénuptiale, concernant un oiseau bagué adulte au début de juin de l'année précédente au Danemark, montre que certains de nos oiseaux transitent (nichent ?) par ce pays.

� Estivage
Les derniers migrateurs prénuptiaux font la jonction avec les premiers postnuptiaux, avec sûrement quelques cas d'erratisme estival.

� Migration postnuptiale
À l'automne, le pic principal se situe au début de septembre et s'achève à la fin d'octobre. Un premier petit pic à la fin de juillet pourrait correspondre aux mâles (GIRARD 1992).
Date moyenne de première observation postnuptiale sur 28 années de 1968 à 1995 : 15 juillet, avec un écart type de 14 jours, extrêmes : 20 juin 1975 et 25 août 1979.
Date moyenne de dernière observation postnuptiale sur 27 années de 1968 à 1994 : 15 octobre, avec un écart type de 26 jours, extrêmes : 15 juillet 1985 et 26 novembre 1978.

� Hivernage
Quelques individus peuvent être parfois observés en décembre-janvier sans que l'on puisse parler d'hivernage à proprement parler.

Baguage
Une donnée concernant un oiseau hivernant en Maine-et-Loire ne fournit pas d'autre renseignement qu'une partie du trajet de la migration postnuptiale : un individu bagué, le 18 août 1963 à Weetzen (Allemagne, 52° 17' N, 9° 39' E) et contrôlé, tué, le 15 décembre 1963 à Saint-Laurent-du-Mottay (à environ 935 km, 3 mois et 27 jours plus tard).

(Suite dans le Crex n° 4)


Remerciements

Je tiens à remercier Jean-Claude BEAUDOIN et Alain GENTRIC qui ont pris la peine de relire ce travail et m'ont ainsi permis de l'améliorer, Olivier GABORY qui a bien voulu m'apporter quelques précisions sur l'Œdicnème criard qu'il suit avec attention dans les Mauges, Jean-Paul LE MAO pour son travail de collecte des données de baguage.
Je remercie également tous les bagueurs et les centres de baguage qui ont pris le temps de répondre à ma demande de données de baguage : Sue ADAMS pour le BTO Ringing Scheme soutenu par le British Trust for Ornithology et le Joint Nature Conservation Committee (Irlandes du nord et du sud, Pays de Galles, Angleterre), Waller FOKEN de la Vogelwarte Helgoland (Allemagne), P. FRIEDRICH de la Beringungszentrale Hiddensee (Allemagne), Ángel GÓMEZ MANZANEQUE de l'Officina de Anillamiento d'Icona (Espagne), Irina KHARITONOVA du centre de baguage de Moscou (Russie), P. NEOPHYLOU de la Société ornithologique chypriote, R. PATAPAVICIUS du Muséum de Kaunas (Lithuanie), Kjeld Tommy PEDERSEN du centre de baguage de Copenhague (Pays-Bas), Aevar PETERSEN de l'Institut d'histoire naturelle de Reykjavik (Islande), Jarmo RUOHO du Muséum d'histoire naturelle d'Helsinki (Finlande), Bo SÄLLSTRÖM du centre de baguage de Stockholm (Suède), Gerrit SPEEK de la Vogeltrekstation Arnhem (Pays-Bas), Dirk TANGER (Pays-Bas), Lajos VARGA du centre de baguage de BirdLife Hungary (Hongrie), Anna ZAWADZKA du centre de Gdansk (Pologne), Thomas ZUNA&endash;KNATKY du centre de baguage de BirdLife Österreich (Autriche) et les correspondants dont je n'ai pu déchiffrer la signature manuscrite (Centre de baguage de Rønde, Danemark).


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Archives et bulletins du Groupe angevin d'études ornithologiques et de la LPO Anjou, LPO Infos Anjou.o


1 Année tropique, ou équinoxiale : temps qui sépare 2 passages du soleil au point vernal, soit 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45,444 secondes en temps moyen en l'an 2000.

2 la femelle a été prise sur son nid et incluse dans la collection que COURTILLER (1868) a confiée au musée de Saumur.

3 ces recensements concernent en fait des chanteurs nocturnes sur des sites d'alimentation : sont-ils représentatifs des couples nicheurs ?… Des études ultérieures le préciseront peut-être…

4 Depuis lors, 3 individus ont été observés les 8 et 9 avril 1996 à Doué-la-Fontaine (ROGER 1996). Les observations réalisées dans le même secteur pourrait inciter à rechercher plus régulièrement cette espèce très discrète qui semble fidèle à ses sites migratoires (ROUSSEAU 1995, ILIOU 1996).

5 Depuis lors, 1 individu a été observé le 14 septembre 1997 à Valanjou.

6 Depuis lors, une troupe d'au moins 80 a été observée le 23 septembre 1996 au lac du Verdon/Cholet.

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